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Le plafond, inépuisable source d'inspiration

Mardi, 26. juin 2018

Et si, comme par le passé, nous exploitions l'immense potentiel de nos plafonds ? 

Cet élément architectural devenu surface décorative se révèle être un véritable territoire d'expression et un vecteur de création à redécouvrir, encore et encore…

 

Faire du plafond une narration : c'est la promesse du plafond peint. La tradition est née en Italie. Apparue à la fin du 16e siècle, à Florence, Venise, Parme ou Mantoue, cette technique particulière a donné naissance aux plus beaux chef d'œuvres architecturaux de la Renaissance, de la Chapelle Sixtine et Saint-pierre au Vatican à la galerie Farnèse d'Annibal Carrache. L'utilisation du plafond comme surface décorative s'est ensuite généralisée jusqu'au 18e siècle, dans toute l'Europe. Chez Muzéo, le potentiel des plafonds s'est, depuis longtemps, imposé comme une évidence artistique. Nos équipes créatives ont imaginé de multiples façons d'habiller tous les types de plafonds, du plus ennuyeux au plus majestueux.  

 

Les voûtes de la brasserie Pigalle à Paris, où elles ont œuvré, rassemblent ainsi tous les nus érotiques de l'histoire de l'art, pour une expérience picturale inédite. Dans un style plus contemporain, le restaurant Ramsès, à Madrid, revisite la tradition des peintres italiens avec ses plafonds en peinture ardoise, recouverte de dessins à la craie, façon tableau d'école. On l'aura compris, le plafond n'est pas une surface comme les autres et il n'est pas étonnant que les artistes en aient fait leur terrain de jeux et leur source d'inspiration. Il est une toile blanche où s'écrit l'histoire de ceux qu'il abrite – hôtels, restaurants, entreprises – et en devient la signature à travers un graphisme, une iconographie, une signalétique et des jeux de couleurs, de lumières et de matières.

 

Répondant à des contraintes techniques, architecturales ou économiques, les plafonds peints offrent des solutions spécifiques aux besoins de tous. Prenons l'exemple des plafonds bas, comme l'on en voit souvent dans les constructions modernes de type open spaces qui fleurissent un peu partout dans les villes. Ces grands plateaux bordés de baies vitrées sont, certes, propices à la circulation des individus et de l'information mais ils sont pauvres en murs pour personnaliser l'espace. Décorer les plafonds bas d'un papier peint standard que l'on vient détourner de sa destination, provoque à la fois un geste d'étonnement et souligne l'identité d'un lieu. Le plafond peint ouvre la pièce et lui apporte une respiration. Pour l'hôtel SLS Brickell, à Miami, Starck a notamment utilisé cette technique pour habiller les couloirs de l'établissement, dessinant ainsi une zone de circulation aux perspectives atypiques. 

 

Effet immersif

Chaque effet repose sur une technique particulière : les dalles rétro-éclairées (un système de Led vient éclairer une toile tendue), ou encore, les caissons lumineux, redonnent vie et lumière à une pièce aveugle. Décors imprimés ou toile enduite, plafond tendu micro-perforé ou toile montée sur châssis produiront une atmosphère adaptée à son écrin. 

 

L'hôtellerie use volontiers des plafonds peints pour maximiser l'effet immersif. Ce procédé consiste à faire courir la toile tendue du plafond jusqu'aux murs, comme dans le projet imaginé par Jean Philippe Nuel pour le restaurant gastronomique de l'hôtel Les Cures Marines à Trouville, revisite la grande tradition du plafond en fresque tout en créant un espace immersif, tel un cocon qui invite à la détente. L'originalité de ce plafond repose également sur la nature de ses imprimés : une explosion de cadres datant des 16e et 17e contenant eux-mêmes des illustrations du 19e. À travers ce mélange d'époques et des styles, se dessine l'histoire des cures et des sanatoriums qui ancre le lieu dans un passé réinventé et modernisé. 

 

Cette technique invasive s'avère toutefois peu adaptée au tertiaire. Dans un environnement de bureaux, la priorité va plutôt à l'acoustique. Les panneaux acoustiques peuvent devenir éléments de décor sous la forme de dalles suspendues et personnalisées, à l'image du plafond du restaurant de l'Hôtel Prince de Galle à Paris. Un faux plafond sert également à masquer les éléments techniques (fils, rampes d'éclairage, etc.). Cadres, miroirs et toiles sont autant d'accessoires qui ornent le plafond et donnent de la profondeur à la pièce. Au restaurant Le Lan, à Pékin, l'intégralité du plafond technique a été recouverte de tableaux.

Enfin, nul besoin de surfaces immenses pour susciter l'émotion. Pour les espaces intermédiaires, on peut dessiner au plafond des rosaces imprimées qui inscrivent la pièce dans une nouvelle perspective en en renforçant le décor. Si ces rosaces existent déjà, comme celles de stuc ou de plâtre des appartements Haussmanniens, il suffit d'y apposer un imprimé. Si elles sont créées de toute pièce, elles laissent, alors, libre cours à la créativité (la rosace-tongs des résidences Yoo Furnishing), avec un objectif : ré-enchanter l'espace pour le bien-être de ceux qui y vivent.

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